jeudi 6 février 2020

Santorin

Vendredi 31 janvier. 
Départ de Naxos. Il nous faut deux heures de traversée, de jour, pour nous rendre à Santorin. Le bateau fraye son chemin à travers les îles et les îlots des Cyclades. Du pont, beaucoup offrent à voir des côtes totalement inhabitées. Ce n’est pas le cas de Santorin. De loin déjà, suspendus à la caldeira, on aperçoit les villages blancs, l’ensemble ressemblant à s’y méprendre à des cimes enneigées.




De nombreux touristes et quelques locaux se hâtent pour descendre du bateau. A terre, entre les loueurs de voitures, le bal des camions, les bus, les hôteliers attendant leurs clients, c’est une belle cohue.
Nous patientons pour laisser partir le flot de véhicules avant de nous lancer dans l’ascension de la falaise et de nous hisser sur l’île. Nous nous laissons ensuite redescendre jusqu’à Akrotiri, village du sud dans lequel nous avons loué une petite maison pour 5 jours.


Du samedi 1er au lundi 3 février.
Santorin est partout habitée et les maisons continuent à pousser comme des champignons. On est loin de la tranquillité de Naxos…
Cependant, en hiver, la masse de touristes se dilue bien et nous sommes quasiment seuls dans les villages et sur les plages. C’est moins le cas sur les routes qui sont assez fréquentées. Alors on essaye de trouver des pistes et des sentiers. Souvent ils cheminent le long des parcelles de vignes. Les viticulteurs perpétuent des techniques ancestrales pour protéger le vignoble. La méthode consiste à enrouler les sarments des vignes, qui poussent à même le sol, comme des nids afin de retenir l’humidité nocturne et de protéger les grappes de la sécheresse et des vents violents. Le vin le plus fameux est le Visanto. C’est un vin doux dont la méthode de vinification s’apparente à celle du vin de paille du Jura.




Mardi 4. 
C’est au début d’une randonnée autour de notre village que nous recevons un SMS nous indiquant que notre bateau du lendemain, pour Rhodes, est annulé. C’est un peu le coup de massue… Nous écourtons la balade et nous rentrons revoir nos plans. Il faut : chercher un prochain départ, échanger nos billets de bateau, trouver un nouvel hébergement (car le nôtre n’est plus disponible et impossible de planter la tente avec ce qui est annoncé), annuler et perdre la location qu’on avait pour notre arrivée nocturne à Rhodes et contacter l’école dans laquelle nous avons prévu une intervention auprès des élèves apprenant le français.

Mercredi 5. 
Nous devions être à bord d’un ferry, nous voilà sur les routes, pris dans une tempête de sable. Les vents soufflent ce jour en rafales à près de 100 km/h. A vélo c’est périlleux, mais nous n’avons pas d’autre choix que de rouler jusqu’à Thira pour avoir de nouveaux billets puis de rebrousser chemin pour aller nous mettre à l’abri là où nous avons trouvé, à Perissa.


Quand nous arrivons, tout ensablés et empoussiérés, notre location n’est pas prête. Le propriétaire invoque des excuses bidon. En attendant, nous échangeons quelques mots avec deux maçons, affairés à monter un mur de pierre. L’un est Pakistanais, l’autre Albanais. Quand l’appartement est prêt nous leur offrons un café et quelques gâteaux. Ils sont contents et surpris de l’attention qu’on leur porte. Nos cinq ou six mots d’albanais font bel effet… A Santorin la sincérité et la convivialité des Albanais nous manquent. Santorin est magnifique mais Santorin a tendance à faire d’un voyageur un touriste, un juste bon à consommer...

Jeudi 6.
Nous sommes réveillés par le tonnerre. Les vents se sont un peu calmés mais nous restons inquiets car nous devons partir samedi. Ce bateau-là, nous espérons bien le prendre. Nous avons besoin de mouvement.

jeudi 30 janvier 2020

Naxos

Du jeudi 16 au mardi 21 janvier.
En Crète, nous avons vécu des moments inoubliables. Nous sommes cependant impatients de quitter l’île, de changer d’air. Après un gargantuesque repas d’adieu chez Tonia, nos derniers tours de roues en terres crétoises nous conduisent jusqu’au port de La Canée.
Mercredi 22.
Une nuit en mer plus tard, nous voilà de retour au Pirée. Se réveiller là où nous étions deux mois plus tôt ne nous donne pas l’impression d’avancer beaucoup.
Heureusement un second bateau nous débarque sur l’île de Naxos quelques heures plus tard : c’est reparti…


Du jeudi 23 au jeudi 30.
Naxos est la plus grande des îles des Cyclades. Grande reste relatif, nous nous donnons une semaine pour la découvrir à pied et à vélo. A Chora, la capitale, nous trouvons un appartement qui nous sert de camp de base. Nous négocions avec la propriétaire de ne payer que les nuits passées sur place.
La population se concentre principalement dans la jolie ville de Chora et dans quelques villages alentours. Le reste de l’île est très peu peuplé, sauvage et bien moins sale que le reste de la Grèce, ce qui ne gâche rien. Par sauvage, il faut cependant entendre pastoral, désert et tranquille car l’homme l’a tout de même partout investie (élevage, culture, carrières de marbre, parcs éoliens…). A part quelques oiseaux, l’île ne compte plus guère d’animaux sauvages.
En l’absence de touristes, nous nous retrouvons donc le plus souvent seuls dans des paysages splendides parfois spectaculaires.
Le centre de l’île est traversé du nord au sud par une dorsale montagneuse. Nous passons une nuit au pied du mont Zeus, point culminant des Cyclades, dont nous faisons l’ascension à pied. Le panorama sommital permet une belle échappée sur les îles voisines.


Une piste magnifique (il vaut mieux ne pas tenter l’aventure en voiture) parcourt le sud de l’île. Les paysages sont variés et changent au cours de notre progression. Il nous faut parfois trois heures pour parcourir 15 km. Dans les jambes et dans la tête, certains kilomètres comptent double, voire triple.
La partie nord est tout aussi déserte mais accessible par des routes asphaltées. Nous traversons de petits villages de montagne, empilements de maisons blanches aux formes brutes et dépouillées. Les églises, les chapelles perchées sur les sommets ou blotties dans des endroits inaccessibles sont innombrables.



Le vent du nord qui balaye régulièrement les Cyclades climatise l’atmosphère estivale souvent suffocante. En hiver, ce vent invite à cumuler les épaisseurs. En son absence, on peut être en tee-shirt. Sous un beau soleil d’hiver, sur une plage aussi déserte que les hautes terres intérieures, Lison et Cécile s’autorisent une baignade.


Naxos est incontestablement une île à voir, particulièrement en cette saison, quand le temps est de la partie. Nous nous sommes régalés.
Demain nous reprenons le bateau pour Santorin, l’île de carte postale. Peut-être perdrons-nous en tranquillité et en authenticité. Nous verrons bien.